Le 13 décembre 2025, à Gorée, les images ont frappé les esprits : le ministre de la Jeunesse et des Sports, entouré de nombreuses personnalités, assiste à la finale de la Coupe du Maire. Sourires officiels, tribunes pleines, solennité assumée. Pendant ce temps, une décision de l’État avait pourtant fixé la fin des activités de vacances au 15 octobre, deux mois plus tôt.
Pour la jeunesse, le message est violent : les règles s’imposent aux acteurs de terrain, mais deviennent optionnelles lorsqu’il s’agit de mise en scène institutionnelle.
Cette incompréhension est d’autant plus profonde que l’Organisme National de Coordination des Activités de Vacances (ONCAV) n’a jamais défié l’autorité de l’État. Il a dialogué. Il a proposé. Il a demandé, avec responsabilité, une dérogation exceptionnelle de quinze jours afin de permettre à ses démembrements d’achever des compétitions déjà engagées. Cette demande n’a reçu aucune réponse. Aucun courrier. Aucun refus motivé. Juste le silence. Et dans ce silence, un sentiment de mépris s’installe.
On ne gouverne pas une jeunesse par le non-dit. On ne renforce pas l’autorité en célébrant ce qui a officiellement été restreint ailleurs. Cette incohérence n’est pas une simple maladresse administrative : elle est une faute politique, car elle fragilise la confiance et humilie l’engagement bénévole de milliers de jeunes.
Plus grave encore, lors de l’ouverture des phases nationales de la CASAMANCE 2025, événement majeur du Navétane national, le ministère était officiellement invité. Ni le ministre, ni un représentant n’y ont pris part. Une absence totale, lourde de sens, qui contraste douloureusement avec la solennité affichée à Gorée.
Le Navétane n’est ni un décor, ni un outil de communication. Il est un pilier de cohésion sociale, un cadre d’éducation populaire et un rempart contre la violence. Le gérer à travers des silences administratifs et des gestes sélectifs, c’est prendre le risque d’une rupture durable avec une jeunesse déjà fragilisée.
Quand l’État se contredit, il perd son autorité morale.
Quand il se tait face aux organisations reconnues, il affaiblit la République.
Et quand la jeunesse se sent ignorée, c’est le pacte social qui vacille.
La jeunesse sénégalaise n’attend pas des cérémonies. Elle attend du respect, de la cohérence et de la justice institutionnelle.
Souleymane THIOUNE SG/ONCAV




























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