Édito du 27/12/2025 – Pourquoi Ousmane Sonko doit obligatoirement rester Premier ministre par respect pour la démocratie.

Le 27 décembre 2024, lors de sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Ousmane Sonko a pris des engagements précis devant la représentation nationale et devant le peuple sénégalais. Ces engagements portaient sur la gouvernance, la justice, l’économie, les finances publiques, la souveraineté et le fonctionnement de l’État. Un an jour pour jour après cet exercice solennel, une question s’impose naturellement : qu’est-ce qui a été effectivement réalisé, qu’est-ce qui a été engagé, et qu’est-ce qui reste à l’état de promesse ? Cette chronique n’a pas vocation à dresser ce bilan dans le détail. Nous y reviendrons, point par point, dans des publications dédiées.

Un an jour pour jour plus tard, le débat politique sénégalais s’est dangereusement déplacé. Il ne porte plus sur les résultats, les politiques publiques ou l’exécution des engagements. Il porte désormais sur des calculs de positionnement, des règlements de comptes et des tentatives à peine voilées de réécriture des règles démocratiques. Il est donc nécessaire de remettre les choses à leur place, sans émotion et sans complaisance.

Je le dis clairement, sans ambiguïté : je n’attends rien de Ousmane Sonko, je n’attends rien de Bassirou Diomaye Faye. Je ne cherche ni protection, ni poste, ni faveur. C’est pourquoi je le dis sans ambiguïté : ni Ousmane Sonko, ni Bassirou Diomaye Faye ne sont, à mes yeux, à la hauteur des défis historiques du Sénégal. Et tous deux devront quitter le pouvoir en 2029. Ce que je défends ici n’est pas des hommes. Je défends une règle démocratique fondamentale.

La question de la place d’Ousmane Sonko dans l’exécutif n’est pas une affaire de sympathie ou d’antipathie. Ce n’est pas non plus une question de confiance personnelle entre un Président et son Premier ministre. C’est une question de légitimité démocratique et de respect du verdict des urnes.

Aujourd’hui, le fait politique est simple, objectif et incontestable : le parti majoritaire à l’Assemblée nationale est PASTEF, et cette majorité est politiquement portée par Ousmane Sonko. Les députés qui ont voté la loi de finances, qui soutiennent l’action gouvernementale et qui structurent la majorité parlementaire lui doivent leur légitimité politique. C’est cette majorité qui fonde la stabilité institutionnelle du régime actuel.

Dans toutes les démocraties sérieuses, lorsqu’un Président est élu alors qu’une force politique distincte détient la majorité parlementaire, une règle s’impose. Cette règle s’appelle la cohabitation. Elle ne relève ni de la générosité du Président, ni de son humeur politique. Elle découle mécaniquement du rapport de forces issu des élections.

Même si demain le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, décidait de structurer sa propre coalition politique, même s’il prenait ses distances avec PASTEF, même s’il fondait un parti autonome, cela ne changerait rien au fait parlementaire. Tant qu’il n’y a pas de nouvelles élections législatives, la majorité reste celle issue des urnes, et cette majorité est politiquement incarnée par Ousmane Sonko.

Dans ce cadre, exclure Ousmane Sonko de la Primature ne serait pas un acte d’autorité républicaine. Ce serait une violation de l’esprit démocratique. Ce serait gouverner contre la majorité parlementaire, sans nouveau mandat populaire. Autrement dit, ce serait gouverner sans légitimité.

C’est précisément pour cela que les discours de ceux qui se prétendent défenseurs de la République tout en appelant à l’éviction d’Ousmane Sonko sont profondément incohérents. Ils ne défendent pas les institutions. Ils défendent des intérêts. Ils ne défendent pas la démocratie. Ils défendent des positions à venir. On ne défend pas la République en contournant la volonté populaire. On ne défend pas la démocratie en espérant que le Président gouverne seul contre la majorité. On ne défend pas l’État de droit en cherchant à tirer profit d’une rupture institutionnelle.

Il faut aussi être honnête jusqu’au bout. Les succès comme les échecs de ce régime engagent l’exécutif dans son ensemble. On ne peut pas applaudir les décisions prises en Conseil des ministres quand elles arrangent, et chercher un bouc émissaire quand les résultats ne sont pas là. Le budget 2026 a été défendu par le Premier ministre, adopté par les députés de PASTEF et validé par l’exécutif. Il est donc l’expression politique d’un pouvoir collectif, pas d’un homme isolé.

Qu’on le veuille ou non, ce régime est leur régime. Les résultats seront leurs résultats. Les échecs seront leurs échecs. Même s’ils se séparaient politiquement, cela signerait l’incapacité à tenir la promesse fondatrice faite aux Sénégalais : gouverner ensemble dans le respect de la volonté populaire.

C’est pourquoi la question n’est pas de savoir si Ousmane Sonko est “confortable” ou “gênant” pour le pouvoir. La question est de savoir si le Sénégal respecte encore ses propres règles démocratiques.

La réponse est simple : tant que la majorité parlementaire issue des urnes est celle de PASTEF, Ousmane Sonko doit rester Premier ministre. Tout le reste relève du calcul, de l’impatience ou de la manœuvre.

De mon côté, les choses sont simples. Je trace mon chemin ailleurs. Avec un projet politique différent, plus cohérent, plus exigeant et plus bénéfique pour le Sénégal. Je ne demande rien à ce pouvoir que je combats politiquement. Je travaille à gagner la confiance des Sénégalais pour gouverner autrement, dans le respect strict de la volonté populaire et du contrôle citoyen permanent. Mais je refuse catégoriquement que l’on piétine les règles démocratiques au gré des ambitions personnelles ou des haines individuelles.

Défendre la démocratie, ce n’est pas défendre des hommes. C’est respecter des principes.

𝗖𝗼𝗻𝘁𝗿ô𝗹𝗲 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻 𝗽𝗲𝗿𝗺𝗮𝗻𝗲𝗻𝘁.

𝗖𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗲𝘀 𝗳𝗼𝗿𝘁𝗲𝘀, 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗳𝗼𝗿𝘁.

À samedi prochain.

Si cette analyse vous parle, faites-la circuler.

Dans un pays fatigué des slogans, la clarté est déjà une forme de résistance.

Ameth DIALLO

Coordinateur national de Gox Yu Bees – Les Bâtisseurs

L'histoire incroyable d’Edward Snowden l'ex-agent de la NSA

Patriotes INFOS août 4, 2025 2:02 am